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« L’exercice du pouvoir ne change pas l’Homme, mais il révèle sa vraie nature, sa personnalité intrinsèque ! ».
Le journaliste, politologue et écrivain sénégalais Souleymane Jules Diop partage mon assertion lorsqu’il déclare que « le temps possède et révèle en lui la vérité des choses et la vérité sur les gens et sur ce qu’ils sont aussi ! ».

Les masques sont tombés et tout indique que Moussa Dadis Camara va se dédire et se porter candidat à l’élection présidentielle prévue le 31 janvier 2010 et nous mener à des lendemains qui déchantent. Lui demander d’abandonner son projet présidentiel me semble impossible, illusoire aujourd’hui ; c’est comme faire réveiller un cadavre. J’espère, pour le bonheur du peuple guinéen, être démenti prochainement.
On n’attendait pas de lui des discours creux, longs comme un jour sans pain, du show, du « Mamaya » mais des réponses étayées aux problèmes concrets et quotidiens des Guinéens.
En l’état actuel des choses, la démocratie en Guinée serait-elle, comme la fin des paradis fiscaux prônée par le G20 en avril 2009, une utopie plus qu’un objectif réalisable avec Dadis et le CNDD ?
Les Guinéens avaient rêvé au lendemain de leur accès à l’indépendance, après le référendum du 28 septembre 1958, d’une nation libre et prospère qui serait la locomotive pour l’indépendance des peuples africains sous le joug colonial. Ils ont eu droit à la privation de liberté (cf. le sinistre camp Boiro et l’exode massif) et de bien-être (cf. « En attendant le bateau ! »).
Ils avaient jubilé le 3 avril 1984 après la prise du pouvoir par une junte militaire (déjà !) dirigée par Lansana Conté qui leur avait promis un redressement national et que, plus jamais, leur sang ne coulerait. Ils ont eu droit à un affaissement abyssal sur les plans économique, politique, social et éthique (cf. les rapports incestueux entre l’affairisme et le pouvoir).
C’est au prix du sang de jeunes, morts au champ d’honneur de la démocratie lors les mouvements sociaux de juin 2006 et janvier-février 2007, qu’ils avaient espéré un changement avec l’imposition d’un gouvernement de consensus dirigé par Lansana Kouyaté et animé par une équipe à la virginité morale et politique présumée. En vain !
Le 23 décembre 2008, après les premières déclarations, la profession de foi de Dadis et du CNDD (encore une junte militaire !), tout le monde pensait que l’aube d’une nouvelle ère aller se lever en Guinée où l’on baignait dans une atmosphère de félicité, d’espoir d’un lendemain meilleur.
C’est ainsi que l’on assista à la création de nouveaux partis, à l’élargissement de l’espace politique, de l’offre politique avec l’engagement citoyen de nouveaux hommes et femmes venus d’horizons différents.
Mais hélas ! quatre fois de suite ce fut le désenchantement et le rêve devînt illusion, vira au final à un cauchemar.
Alors que la richesse la plus insolente côtoie la misère la plus abjecte, Dadis veut troquer sa tenue militaire avec un costume trois pièces mais avec des Rangers au pied. Après être venu au pouvoir sans effusion de sang, il compte s’y accrocher coûte que coûte, quitte à verser le sang de ceux qui souhaitent qu’il respecte ses engagements initiaux : à savoir ne pas participer aux prochaines échéances électorales et rendre le pouvoir aux civils avant la fin de l’année 2009.


Maintes fois, parfois même en jurant, il avait promis de « respecter ses engagements pour que ni lui, ni aucun membre du CNDD, ni le Premier ministre et les membres de son gouvernement ne se présentent aux élections ; pour rendre le pouvoir aux civils le plus vite possible. ».


Les Guinéens et la communauté internationale avaient applaudi à une transition qui se voulait apaisée. Mais récemment contre toute attente, la duplicité et la mauvaise foi aidant, le président autoproclamé de la Guinée affirma que « personne ne pourrait lui interdire de se présenter à la présidentielle du 31 janvier 2010 s'il le souhaitait » (…) « si les forces vives (partis, syndicats, représentants de la société civile) veulent m'empêcher d'être candidat, c'est qu'ils n'ont rien compris à la démocratie » (…) « Si je me présente, personne ne pourra me juger. La communauté internationale ne pourra me juger, aucune justice ne pourra me juger » lançait-il le 20 août dernier et d'ajouter à propos de sa candidature éventuelle : « C'est mon affaire personnelle ». Recevant l'AFP au camp militaire Alpha Yaya Diallo où siège la junte, il alla plus loin : « Je n'ai rien dit encore, sauf que je peux (me présenter) comme je peux ne pas me présenter, personne ne pourra me l'interdire » a-t-il prévenu.
Ses comités de soutien et les élus locaux des CRD grassement financés par les deniers publics lui demandent de se porter candidat. Attention Dadis « les conseillers et thuriféraires ne seront pas les payeurs ! ».
Au lieu de Amadou Toumani Touré (ATT) du Mali, de Jerry Rawlings du Ghana, de Thomas Sankara (1949-1987) du Burkina Fasso, de Gamal Abdel Nasser (1918-1970) d’Egypte, la références historique, l’exemple de Dadis est devenu le putschiste mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz. Il aurait pu ajouter à ses modèles Mamadou Tandja du Niger qui vient d’opérer un forcing, un coup d’Etat électoral ; il avait menacé ses opposants en leur déclarant : « Mon véhicule n’a ni rétroviseur, ni marche-arrière, ni frein ! ». 


Par ailleurs, il s’est choisi comme père spirituel, « putatif » Abdoulaye Wade ; le président sénégalais qui s’est engagé dans un processus sournois de monarchisation du système étatique en voulant imposer son fils Karim comme Ali Bongo au Gabon, en tentant de bâtir à sa gloire des monuments onéreux. La gestion de Karim à la tête de l'Agence nationale de l’organisation de la conférence islamique de mars 2008 (ONACI) fut catastrophique, se révéla comme un scandale financier et fait l’objet d’un ouvrage du journaliste d’investigation et écrivain Abdoulaye Latif Coulibaly qui fait actuellement grand bruit au pays de la Térenga. : «Contes et Mécomptes de l’Anoci» ; le livre est paru le 13 août dernier simultanément aux éditions Sentinelles (Dakar) et Harmattan (Paris). Son projet à la mairie de Dakar lors des élections municipales de mars 2009 était un tremplin pour l’élection présidentielle de 2012. Les Sénégalais n’en ont pas voulu ; malgré cela son père lui octroya un poste de ministre d’Etat avec plusieurs départements juteux comme butin de guerre pour les échéances à venir. M. Wade comme parrain, il me semble qu’il y a mieux et plus recommandable.


Quant à Dadis, il est la matérialisation du passif des 24 ans de Lansana Conté qu’il a toujours soutenu et préservé ; il est devenu le merlin désenchanteur après avoir donné l’illusion d’un « messie ».
Force donc est de constater aujourd’hui que l’arbre n’a pas produit de fruits. Son envie immodérée de pouvoir l’a incité à s’embarquer dans des chemins sinueux, intrigants. Huit mois après c’est la douche froide : la déception, la morosité et le scepticisme étant de retour. Après avoir séduit, il a vite intrigué puis inquiété ; il mène une vie dorée au camp, s’enrichit alors que les Guinéens broient du noir. Leur désillusion de changement est à la mesure de l’illusion suscitée ; et la déception d’aujourd’hui se mesure à l’ampleur des espoirs, des promesses d’hier. Le chemin à arpenter pour que la démocratie devienne une réalité reste encore long, sinueux, escarpé et périlleux pour eux.
Dans la fête des hyènes les agneaux sont exclus. On n’envoies pas des moutons tuer le loup.
Avec Dadis, le peuple guinéen doit « s’attendre à verser de la sueur, des larmes et du sang » comme l’avait promis l’ancien premier ministre britannique Winston Churchill (1874-1965) à ses compatriotes au prélude de la dernière guerre mondiale.
Il portera les convulsions, les morts sur sa conscience comme le fruit porte son noyau.
Au fond de lui-même, il observe l’implacable érosion de sa crédibilité et de son image. On ne conquiert pas ainsi les cœurs.


On est au pieds du mur et il est temps de dire stop et de décréter une union sacrée des patriotes. Il y a le feu ! Les « petits hommes » disparaissent des mémoires : c’est la justice de l’histoire. Il va tomber des cimes aux gouffres, des néons du palais du peuple et de Koloma au néant.
Les critiques égrenées hier que certains trouvaient excessives sont maintenant partagées par la majorité des gens.
Son activisme devient agitation, sa boulimie de communication devient une parade, une diversion, une distraction qui n’amuse plus personne. Seul le départ de Dadis et du CNDD les drapera d’un voile soyeux, sinon leur règne aura des allures de cimetière.


« Il ne faut jamais confier de la viande pourrie à une hyène », dit-on.
Il est urgent d’attirer l’opinion nationale et internationale sur les dérives de l’action publique du CNDD. Le but étant de renforcer le combat démocratique et le respect des droits des citoyens bafoués allégrement et régulièrement actuellement dans notre patrie-mère.
Ce combat, cet engagement nous vaudront des entraves, des pressions, des menaces que nous abordons avec la ferme conviction qu’il ne faut jamais céder ; et quel qu’en soit le coût, il faut tenir.
Mais l’important pour nous n’est pas seulement la bataille pour l’alternance, le changement, mais la contribution à la formation d’une conscience citoyenne capable de servir de rempart contre de telles dérives.
Comment peut-on prendre en otage des années durant un peuple en arrêt de développement qui repose sur le comportement inqualifiable et ruineux des autorités dirigeantes.
Dadis est un présent décevant et un avenir menaçant ; plus qu’une solution des maux congénitaux dont souffre la société guinéenne, il est entrain de devenir le problème. Avec son entêtement, son reniement des engagements initiaux qu’il a pris, on risque de reconstruire sur des cendres, de tout reprendre à zéro s’il continue dans cette voie suicidaire.


Dadis et le CNDD nous ont fait avaler des couleuvres jusqu’à l’indigestion mais pas encore un boa constrictor qui va nous étreindre jusqu’à l’agonie. Ils n’ont pas trouver des solutions aux besoins fondamentaux de nos populations : santé, sécurités alimentaire et physique, système éducatif, chômage, élimination de la pauvreté, valorisation de notre patrimoine historique, de nos traditions, l’éthique battue en brèche, eau courante, électricité, promotion et garantie des libertés publiques et de l’Etat de droit, bonne gouvernance, ethnocentrisme, corruption, gestion rigoureuse des deniers publics, insertion de la diaspora qui a un destin entrelacé avec la patrie-mère, etc...
Au contraire, le CNDD est devenu une structure, un « machin » avec des réseaux internes de promotion sociale (sur des fondements subjectifs, « identitaires »), d’enrichissement personnel, de népotisme, etc… ; il est soutenu par une coalition hétéroclite et tentaculaire, d’affidés venus d’horizons divers :


Des intelligences au service d’une mauvaise cause ;
• Les rebus et les imposteurs de la diaspora cherchant une place au soleil ;
• Les recyclés du système Conté ;
• Ceux qui ont trahi leur structure partisane originelle, dénommés les « Transhumants » ;
• Ceux qui croient que c’est au tour de leur ethnie ;
• Ceux qui ont des préoccupations alimentaires très prononcées ;
• Ceux qui ont des rentes de situations juteuses à préserver ;
• Ceux qui veulent exister, qui ne supportent pas l’ombre, l’anonymat, l’effacement ;
• Ceux qui préfèrent le maintien de Dadis au pouvoir à la victoire d’un rival politique ;
• Ceux qui ne supporteraient pas qu’un leader politique issu de la diaspora accède à la magistrature suprême ;
• Ceux qui estiment qu’un pouvoir ne se transmets pas et qu’il faut que Dadis le conserve comme ses prédécesseurs.


Tous les moyens sont bons pour éliminer les opposants à la candidature de Dadis, notamment les audits. Ils ne doivent pas être un instrument de chantage politique, un moyen de coercition à l’encontre des adversaires potentiels ; la charge de la preuve, par ailleurs, incombe à l’accusateur, à l’Etat et non aux rumeurs ou aux humeurs des uns pour calomnier, éliminer, disqualifier un concurrent.
Il n’est pas inutile de rappeler la présomption d'innocence qui est le principe selon lequel « toute personne qui se voit reprocher une infraction est réputée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement et définitivement établie lors d’un procès équitable ». Ce principe est le substratum, le fondement, la base de notre droit pénal, de notre « habeas corpus ».


La vitalité d’une démocratie se mesure à l’aune du respect des libertés individuelles et collectives, de l’Etat de droit qui est la soumission de l’Etat et de ses instances, ses démembrements au droit. On constate malheureusement le rétrécissement, le recul des libertés publiques : intimidations, visites impromptues et musclées chez des opposants qu’on empêchent de circuler librement à l’intérieur du pays, tentatives d’arrestation de leaders politiques, interdiction des émissions radiophoniques interactives et de l’envoi de messages SMS, électroniques ; ceci avec l’appoint du conseil national de la communication (CNC), haute autorité du secteur audiovisuel ; d’où les protestations et indignations de l'Union des radios et télévisions libres de Guinée (URTELGUI) et de l'ONG Human Rights Watch (HRW).


Selon le penseur italien Nicolas Machiavel (1469-1527) « la meilleure forteresse des tyrans est l’inertie des peuples ! ». La démocratie est en suspens, en danger : « Les dictatures se renforcent de l’impuissance, du silence, de la lâcheté des Hommes ». « Le mal triomphe par l’inaction des actions des gens de bien ! », dit-on.
Pour Elie Wiesel, un écrivain américain rescapé de la Shoah, « il faut prendre parti. La neutralité favorise l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté ! ».
« Laisser la tyrannie régner sur un mètre carré, elle gagnera bientôt la surface de la terre ! » prévenait François Mitterrand (1916-1996) ; l’ex-président français avait indiqué également que « dans les épreuves décisives, on ne franchit l’obstacle que de face ! ». Ceci étant un appel à la résistance, à un front républicain pour un combat démocratique.


Le Ghana est une singularité démocratique en Afrique qui, à trois reprises successivement, a procédé à une alternance pacifique. Ses deux derniers présidents ont créé un cercle vertueux où les militaires et la classe politique ont accepté de jouer le jeu démocratique. Le 28 décembre 2008, John Atta-Mills, a gagné l’élection présidentielle face à Nana Akufo-Addo candidat du pouvoir sortant. Ils accueillirent ensemble M.Barack Obama à l’aéroport d’Accra. Le nouveau président américain s’adressa au parlement ghanéen le 12 juillet 2009 en ces termes : « Comme je l’ai dit au Caire, chaque nation façonne la démocratie à sa manière, conformément à ses traditions. Mais l’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas. » (…) « Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections – il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse » (…) « l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions » (…) « il faut préférer le droit constitutionnel à l’autocratie, léguer à nos enfants un héritage dont ils seront fiers ».


Le diagnostic d’Obama ressemble, à s’y méprendre, à celui de la Guinée et sa thérapie est adéquate à notre pays et à sa mauvaise gouvernance récurrente.
En effet, la bonne gouvernance et la démocratie sont aux abonnés absents en Guinée qui est en congé démocratique depuis des décennies. Le pouvoir y est confisqué. Dadis ne préside plus, il règne sans céder un pouce de son pouvoir absolu.
Pour gagner la confiance et le soutien du peuple guinéen, sortir de l'impasse et juguler son impuissance, l'opposition avec l'appoint de toutes les forces du changement devraient à l'unisson mettre l'accent sur certains préalables :
• créer et consolider une sincère et loyale unité d'action ;
• entretenir sur le terrain des rapports de forces avec le pouvoir en faisant preuve d'imagination et de ténacité dans les actions à entreprendre ; par exemple les manifestations dans la rue, la grève générale, la désobéissance civile qui est plus noble que l’obéissance servile, le reniement, l’opportunisme, le ralliement, l’alignement au CNDD ;
• privilégier la contradiction principale et ne pas se tromper de cible, d'adversaire principal que sont Dadis et le CNDD.
Certes l'ambition est le levain de l'Homme. Tout soldat, épris d'héroïsme, rêve à son tour d'être un jour général. Mais il n'y a pas de réussite individuelle sans une ambition collective ! Les batailles ne se gagnent pas seul, en solitaire, mais en jouant collectif.
Je me réjouis qu’un consensus se dessine au sein des forces patriotiques ; il faudra placer l’impératif démocratique, l’alternance au sommet des enjeux de la lutte partisane. L’unité d’action des forces hostiles à la candidature de Dadis commence à prendre forme ; elle doit primer sur les ambitions et stratégies (calculs, tactiques, positionnements) personnelles, elle doit transcender tous les clivages partisan, ethnique, identitaire ou autre.


« Quand les cheveux prennent feu, les yeux et les oreilles ne doivent pas se réjouir parce qu’ils seront carbonisés à leur tour inéluctablement », selon un dicton populaire.
La volonté de changement est irrésistible comme un train lancé en branle sans frein.
L’opposition doit sortir des méandres de la division, des querelles intestines de personnes, de leadership face au désarroi, à la désespérance sociale de nos compatriotes afin d’assurer un changement démocratique, une alternative crédible. Il faut promouvoir la culture du compromis, du rapprochement et non celle de l’affrontement stérile.
Il faut boycotter le Conseil national de transition qui me semble caduc, élaborer une plate-forme programmatique de gouvernement d’union, d’urgence nationale.
Par ailleurs, il faut souligner que les intérêts de l’opposition et ceux de la société civile ne sont pas conflictuels mais mutuels. Leur destin est entrelacé.


Le démarrage tardif (14 septembre prochain) et la courte durée (deux semaines) des opérations d’enrôlement des Guinéens résidant à l’extérieur annoncés le jeudi 3 septembre dernier par le ministre de l’Administration du Territoire des Affaires Politiques (MATAP), M. Fréderic Kolié prouve à la fois un mépris et une crainte à leur endroit.

Parce que le pouvoir est convaincu que la majorité des voix des trois millions de la diaspora se porteront sur les candidats du changement. Elles constituent un socle pour l’alternance au pouvoir militaire.
Le conseil prémonitoire de l’ex-président d’honneur de l’UFDG Bâ Mamadou (1930-2009) affirmant que « le soldat africain ne donnerait pas le fauteuil à un civil » s’est avéré juste.
Il faut ajouter que le soldat africain ne perd jamais les élections et qu’il est, au final, adoubé par la communauté internationale malgré la proscription des coups d’Etat c’est-à-dire l’accession au pouvoir par des voies anticonstitutionnelles. La jurisprudence d’Alger de juillet 1999 lors du 35ème session ordinaire de l’OUA, reprise dans l’accord de Lomé (Togo) du 11 juillet 2000 et dans l'article 96 de l'accord de Cotonou (Bénin) du 23 juin 2000 n’y ont rien fait.


Le CNDD, dans son exercice de propagande, prélude à l’annonce officielle de la candidature de son Président à la prochaine élection présidentielle opte pour la distribution de l’argent public pour des fins partisanes. Par exemple, la mauvaise répartition de 300 millions de nos francs aux associations de jeunes, de seniors et des femmes de la préfecture de Macenta ont entraîné un soulèvement, provocant plusieurs blessés dans cette ville située en Guinée forestière. C’est une attitude dilapidatrice des fonds publics héritée de l’ancien régime, mais avec un brin d’amateurisme.
La Guinée n’a pratiquement jamais connu d’élections libres et équitables, avec 50 ans de régression. Le mouvement social qui avait contraint le pouvoir à conclure le 27 janvier 2007 un accord tripartite était un processus inabouti, inachevé, une réponse conjoncturelle à une question structurelle. Il est grand temps de transformer l’essai comme l’on dit en rugby et d’être à la hauteur des sacrifices de notre jeunesse mitraillée, trucidée aux abords du sinistre Pont du 8 novembre.
Seul un gouvernement issu d’élections libres, équitables, transparentes serait à même de mener jusqu’à son terme de réelles réformes au niveau de la lutte contre la corruption, les narcotrafiquants, l’impunité, l’insécurité, pour la restauration de l’autorité de l’Etat, la restructuration de l’administration, l’assainissement des finances publiques, le recouvrement des créances de l’Etat.


L’armée devrait être pour la population une assurance et non une crainte ; et le « nettoyage de la maison » devrait commencer en son sein pour donner l’exemple. L’armée est un segment de notre nation, du noyau national ; elle y a une place de choix à condition qu’elle sorte de la sphère politique partisane et qu’elle se consacre à ses taches originelles. Nous avons besoin d’une armée bien formée, bien équipée, disciplinée, en somme une armée républicaine !


J’affirmais au mois de mars dernier que la maxime du philosophe et militant de la paix italien Lanza Del Vasto (1901-1981) était à méditer : « Changer de régime et améliorer les lois sans changer les hommes et les rendre meilleurs, c'est comme balayer la chambre sans ouvrir la fenêtre; la poussière soulevée (celle du moins qui n'aura pas été avalée) retombera d'où elle vient » soulignait. Malheureusement au niveau des Hommes qu’évoque cet axiome, Dadis est toujours là agglutiné au pouvoir comme une moule accrochée à son rocher, et que la poussière incarnée par le CNDD et les forces de la Restauration n’est pas encore balayée. Au grand dam, au détriment d’une nouvelle ère de concorde, d’espoir de changement démocratique dans notre pays, nous avons constaté de la duplicité, des manœuvres dilatoires de leur part pour conserver le pouvoir, les prébendes et les avantages qu’il engendre.


Dadis n’était pas un homme de mission mais, en réalité les masques étant tombés, il apparaît comme un homme d’ambition, de pouvoir, agressif, impulsif et autoritaire qui n’accepte pas la contradiction. N’avons-nous pas là les prémisses d’un dictateur ? Je le craint fort bien !
S’ils persistent dans cette voie, Moussa « Dadis » Camara et ses compagnons d’armes n’auront pas leur place au Panthéon des grands hommes d’Etat africains. Il n’existe pas d’homme providentiel, cependant ; les cimetières ne sont-ils pas peuplés d’immortels ?
Dadis est en train de devenir une parenthèse de l’histoire de la Guinée ; mais plus courte elle sera, mieux cela vaudra pour notre pays. 


La Renaissance ou la Restauration, c’est l’affaire de tous les patriotes guinéens.
« Une société où le rêve n’est plu permis est une société sans avenir », comme dirait l’autre, « un peuple qui n’espère plus est un peuple qui tombe dans la fatalité ; l’espoir c’est une action pour un lendemain meilleur ! ». Donc agissons ensemble pour une Guinée meilleure ! Nous devons nous sacrifier aujourd’hui pour que nos enfants vivent mieux demain !

Que Dieu préserve la Guinée !

Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH               Source: Guineenet
Juriste et anthropologue guinéen
nabbie_soumah@yahoo.fr

 

 


Par Nabbie B. SOUMAH - Publié dans : Analyse
Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /2009 07:16

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Usain St. Leo Bolt (né le 21 août 1986 dans la paroisse de Trelawny) est un athlète jamaïcain, spécialiste du sprint, détenteur de trois records du monde : 100 m (9 s 58), 200 m (19 s 19) et 4 x 100 m (37 s 10).

Ses records du 100 et du 200 m ont été établis aux Championnats du monde de Berlin respectivement le 16 août 2009 et le 20 août 2009, alors que celui du relais 4 x 100 m date des Jeux olympiques de Pékin le 22 août 2008. C'est lors de ces mêmes Jeux que Bolt avait établi les deux précédents records du 100 m (9 s 69) et du 200 m (19 s 30), tous deux améliorés de 11/100e de seconde à Berlin, un écart exceptionnel.

À Pékin, il est devenu le premier athlète masculin à gagner ces trois épreuves aux cours des mêmes Jeux olympiques depuis Carl Lewis en 1984, et le premier coureur de l'histoire à établir les records du monde dans ces trois disciplines lors des mêmes Jeux. Son nom et ses performances en sprint lui ont valu le surnom de « Lightning Bolt » (« L'éclair »)[1]. C'est le premier sprinter à améliorer trois fois de suite le record du monde du 100 m et à obtenir la plus nette amélioration du record depuis le passage au chronométrage électronique en 1968

 

Wikipédia



La fécondation

Dans la trompe, les spermatozoïdes capacités traversent les cellules du cumulus et viennent adhérer à une deuxième barrière cellulaire entourant l’ovocyte : la zone pellucide. Ceci entraîne une réaction au niveau de la tête de certains spermatozoïdes qui vont libérer des enzymes leur permettant de franchir la zone pellucide. Le premier spermatozoïde qui va la traverser fusionne avec la membrane cellulaire de l’ovocyte, ce qui provoque en quelques secondes l’activation de l’ovocyte. Elle se traduit par de nombreuses réactions avec des conséquences majeures :

  • Une transformation chimique de la zone pellucide qui devient ainsi imperméable aux spermatozoïdes. La monospermie est respectée ;
  • L’expulsion du 2ème globule polaire qui fait désormais de l’ovocyte une cellule haploïde, c’est à dire contenant 23 chromosomes ;
  • La phagocytose du spermatozoïde qui permet à ses 23 chromosomes de pénétrer à l’intérieur de l’ovocyte qui devient un oeuf.

Le matériel chromosomique provenant des deux parents est encore distinct à ce stade. Il est contenu dans deux formations appelées pronucléus qui vont migrer l’une vers l’autre au centre de l’oeuf, guidées par des microfilaments. Les chromosomes paternels et maternels s’apparient alors (le chromosome n°1 du père avec le chromosome n°1 de la mère, et ainsi de suite) et un nouvel ensemble chromosomique est alors formé : il s’agit du patrimoine génétique totalement original d’un nouvel individu. Son sexe génétique est d’ores et déjà déterminé : si parmi les 23 chromosomes paternels introduits dans l’oeuf par le spermatozoïde figure le Y, c’est un futur garçon qui vient d’être créé. Si c’est un X qui est apporté par le père, c’est une petite fille qui naîtra dans neuf mois puisque l’autre chromosome sexuel provenant de la mère est obligatoirement un X.

L’oeuf, qui possède alors 23 paires de chromosomes est dit diploïde et la fécondation est terminée. La première division cellulaire, ou mitose, qui permet d’obtenir une deuxième cellule identique à la première, survient peu de temps après. Ainsi apparaît un nouvel embryon à deux cellules. Ces deux cellules vont à leur tour se diviser pour en donner quatre et ainsi de suite...

La segmentation

Les cellules qui se divisent rapidement possèdent le même patrimoine génétique. Jusqu’au 3ème jour après la fécondation, ces cellules, une dizaine environ, sont dites totipotentes. Cela signifie que chacune d’entre elles prise isolément peut reprendre sa division et fournir un embryon complet. Lorsque, à ce stade, l’ensemble cellulaire provenant de la fécondation se scinde spontanément en deux, une grossesse gémellaire peut survenir, avec dans ce cas des jumeaux homozygotes (ou vrais jumeaux).

A ce stade, l’embryon apparaît au microscope comme un amas dense de cellules de petite taille. Il a déjà cheminé dans la trompe en direction de l’utérus. Au 4ème-5ème jour, l’ensemble, qui porte le nom de morula, est formé d’une trentaine de cellules appelées blastomères. Il arrive à proximité de la cavité utérine.

A partir du 5ème-6ème jour, l’aspect microscopique de l’embryon change car les cellules commencent à se différencier pour former un blastocyste. Les cellules en périphérie forment le trophoblaste qui est à l’origine des annexes embryonnaires (placenta et membranes). Le centre de l’oeuf se creuse pour former une cavité remplie de liquide et le reste des cellules embryonnaires se concentre à un de ses pôles et forme le bouton embryonnaire. C’est à ce niveau que les couches cellulaires vont poursuivre leur différenciation pour progressivement constituer les divers tissus de l’embryon.

Cette transformation se fait alors que l’oeuf est encore dans la trompe. Il va pouvoir alors entrer dans la cavité utérine.

L’implantation

Six jours après la fécondation, alors que l’oeuf est dans la cavité utérine, la membrane pellucide, qui l’entoure encore complètement, se rompt. Le blastocyste en sort et les cellules du trophoblaste qui sont à sa surface vont entrer en contact avec la muqueuse de l’utérus : l’endomètre. Durant quelques jours, ces cellules trophoblastiques se multiplient et s’incrustent en profondeur dans l’endomètre afin de mettre en place, avec l’organisme maternel, les échanges nécessaires au développement de l’embryon. Il s’agit d’une véritable greffe qui ne peut réussir que grâce à l’action "anti-rejet" du trophoblaste qui tend à "masquer" les antigènes embryonnaires. Sans cette action, l’embryon qui a un patrimoine génétique différent de celui de sa mère, devrait être reconnu comme un corps étranger et rejeté par le système immunitaire maternel.

Pour que cette implantation réussisse, il faut aussi que l’endomètre soit prêt à se laisser coloniser par le trophoblaste embryonnaire : l’implantation ne peut en effet se faire au cours d’un cycle normal qu’aux alentours du 21ème jour, lorsque la muqueuse a reçu les stimulations hormonales idéales, essentiellement par les oestrogènes dans un premier temps, puis par la progestérone.

L’envahissement de l’endomètre par le trophoblaste aboutit en quelques jours à un équilibre qui se traduit par le développement d’un élément primordial pour le bon déroulement de la grossesse débutante : le placenta. Il permet les nombreux échanges mère/foetus mais également la synthèse d’hormones. Durant ce temps, l’embryon se développe avec l’apparition de la cavité amniotique. A la fin de la troisième semaine après la fécondation, il mesure environ deux millimètres et un coeur embryonnaire assure déjà la circulation sanguine primitive. Ses battements peuvent alors être détectés en échographie. Ils signent la présence d’une grossesse évolutive.

Ludovic Moy/Doctissimo

 

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