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Après la créature de JMD qui s’emmêlait les pinceaux entre décret et ordonnance pour pouvoir modifier la Constitution et le Code électoral, une autre illustration de l’excès de pouvoir est donnée par le « Professeur de droit » Alpha Condé. A peine moins de cent jours après le début de son règne. A-t-il déjà fini la formation de son gouvernement et de ses affluents à la liste infinie, ou les nominations des rigoles de conseillers ?
Monsieur le « Professeur de droit », par un décret en date du 14 janvier signé de son nom, a mis fin à un contrat. Chose impensable, un décret qui résilie un contrat. Au passage ce décret présidentiel a gratifié la langue française d’un nouveau mot. L’Académie française appréciera. Peut être que le mot « amphétoritique » fera son entrée dans les dictionnaires Larousse, le Petit Robert, Hachette etc. Qui sait ?
Dans son décret D/2011/017/PRG/SGG portant annulation d’un bail amphétoritique, il dispose à l’article premier que « est et demeure annulé pour cause d’utilité public et non respect des clauses de bail amphétoritique, le domaine avicole de Djoumayah Préfecture de Dubréka conclu le 19 Mai 2008 entre le Gouvernement de la République de Guinée et la société avicole de Dubréka ».
Qu’est-ce qu’un bail amphétoritique ?
Un tel bail est inconnu de nos jours. Par contre il existe le bail emphytéotique. Le Code foncier et domanial guinéen définit ce bail (location de longue durée) à l’article 17 « Le bail emphytéotique est une convention de longue durée, comprise entre 15 et 99 ans, qui confère au preneur un droit réel immobilier susceptible d’hypothèque ».
L’article 20 ajoute « Les immeubles du domaine privé de l’Etat ou des autres personnes publiques peuvent être donnés à bail emphytéotique ».
Qu’implique un tel bail ?
L’emphytéote (le locataire) exerce ses activités sur les terres louées pendant la durée du bail. Il peut céder ses droits à tout moment. L’emphytéote réalise des constructions ou des améliorations et le propriétaire en profite à la fin du bail .Le bail emphytéotique s’il est conclu par l’Etat permet à ce dernier de mettre en valeur son patrimoine privé sans s’en déposséder définitivement.
Un décret peut-il mettre fin à un bail ?
L’article 558 in fine du Code civil guinéen prévoit que : «
Les litiges portant sur les autres transactions immobilières demeurent de la compétence
du tribunal ou de la Justice de paix du lieu de situation de l’immeuble concerné ». Et le Code foncier et domanial dans
sa section 4 sur le « bail emphytéotique » est clair à l’article 26 « Le bailleur peut faire prononcer en Justice la résiliation de l’emphytéose :
à défaut de paiement de deux années consécutives
de la redevance et après une sommation restée sans effet,
- en cas d’inexécution des conditions du contrat, ou si l’emphytéote a commis des détériorations graves sur le fonds. Néanmoins, le juge peut accorder un délai, suivant les circonstances. »
Ainsi un décret unilatéral, présidentiel soit-il, ne met pas fin au bail emphytéotique. Une résiliation d’un contrat à long terme de la part de l’Etat implique que l’autorité publique doit saisir la justice et donner des motivations valables.
Or le décret d’Alpha Condé n’en contient pas. Il se contente de parler de « non respect des clauses de bail amphétoritique », sans donner les dispositions qui auraient été violées.
Le décret montre une confusion entre une résiliation de contrat qui relève de la justice et l’expropriation pour cause d’utilité publique. L’article premier du décret dit « est et demeure annulée pour cause d’utilité publique ».
L’article 27 du Code foncier et domanial est clair « En cas d’expropriation pour cause d’utilité publique, le bailleur devra faire connaître les droits de l’emphytéote ».
L’expropriation pour cause d’utilité publique est définie aux articles 55 et suivants de ce Code et comprend des phases à suivre et l’exproprié dispose de garanties.
Par conséquent ce décret de Alpha Condé qui unilatéralement et sans préavis met fin à un contrat de longue durée et sans compensation n’est qu’un excès de pouvoir de sa part. Ce qui est très inquiétant de la part de quelqu’un qui, « Professeur de droit » de surcroît, prétend vouloir construire un Etat de droit. A-t-il seulement entendu parler de la sécurité juridique des contrats ?
Hassatou Baldé
Goutte d'eau sur feuille de rosier

Bah Oury pourquoi Alpha Condé est en train de gagner
"Les responsables du collectif des oppositions ont mal négocié le tournant relatif à la recomposition paritaire de la CENI et de la désignation des commissaires de cette institution.
La loi organique votée par le CNT a été restrictive,
déséquilibrée et taillée sur mesure en faveur du pouvoir en place. L’abandon du mode de consensus pour acter les décisions au sein de la plénière de la CENI au profit du vote majoritaire a
vidé cette institution de ses prérogatives d’actrice neutre, consensuelle et garante de la transparence des élections. Cet état de fait, a ravalé la CENI comme une excroissance du ministère de
l’administration du territoire d’Alassane Condé. Le collectif des oppositions a également banalisé la désignation des commissaires, en acceptant que son quota soit amputé, ce qui confère
aujourd’hui une majorité absolue à la mouvance présidentielle de toutes les façons.
Cette bataille perdue, a tracé un boulevard à Alpha Condé pour imposer
la mascarade électorale qu’il a déjà programmée. En d’autres
termes, le collectif des partis de l’opposition est responsable de ce dérapage qui a permis au pouvoir de faire avancer son projet en se drapant d’une certaine légalité que la CENI lui permet de
valider
...Sa gouvernance est malheureusement caractérisée par l’exacerbation de l’ethno-stratégie, la violence et le mépris des règles de l’Etat de droit.
Le projet politique qui a sous-tendu l’accession d’Alpha Condé est bâti autour des conservatismes qui depuis l’indépendance ont bloqué l’évolution politique et économique de notre pays. Ce sont ainsi les nostalgiques du parti- Etat et les milieux prédateurs qui ont accompagné la gouvernance du général Lansana Conté qui vivent en parfaite intelligence autour de la présidence d’Alpha Condé.
A maints égards, le système actuel est l’illustration la plus significative du modèle prédateur néo-patrimonial dont l’épine dorsale est l’ethnocentrisme militant de la coordination mandingue. C’est pour cela que je n’entrevois pas une possibilité pour les Nations Unies de contrecarrer ce programme politique uniquement par la voie diplomatique.
Plus sur:
http://www.guineenews.org/detail_article.asp?num=201351565226

France-Le délit d'offense au chef de l'Etat supprimé
Les députés français ont adopté mercredi un amendement abrogeant le délit d'offense au chef de l'Etat deux mois après la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour violation de la liberté d'expression.
Les élus du palais Bourbon ont également adopté un amendement créant un crime d'esclavage et de servitude puni de 15 à 20 ans de prison.
Ces amendements ont été votés dans le cadre d'un projet de loi adaptant la législation pénale française à sept textes de l'Union européenne et à diverses mesures de droit international.
Le premier amendement, déposé par la socialiste Marietta Karamanli et adopté à l'unanimité par la commission des lois, abroge le délit d'offense en supprimant un article d'une loi de 1881 sur la liberté de la presse.
"Si le président de la République mérite évidemment le respect de ses concitoyens, une telle disposition dérogatoire au droit commun n'apparaît plus justifiée dans une démocratie moderne", est-il expliqué dans le l'exposé des motifs de l'amendement.
Marietta Karamanli juge "parfaitement contreproductive" cette disposition "dans la mesure où l'utilisation de la répression pénale (45.000 euros d'amende) est loin d'être le moyen le plus adéquat pour gagner le respect des citoyens".
La députée PS rappelle que le chef de l'Etat pourra toujours défendre son honneur s'il s'estime insulté "en ayant recours aux incriminations de droit commun telles que l'insulte publique punie d'une amende de 12.000 euros".
Le 14 mars dernier, la CEDH a condamné la France pour "violation de la liberté d'expression" pour avoir condamné Hervé Eon qui avait brandi un écriteau sur lequel on pouvait lire "Casse-toi pov'con" lors d'une visite en août 2008 à Laval (Mayenne) de Nicolas Sarkozy, alors chef de l'Etat.
Cette petite phrase avait été adressée par Nicolas Sarkozy lui-même à un inconnu lors d'une visite le 28 février 2008 au Salon de l'agriculture à Paris.
RIHANNA de La BARBADE

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