Partager l'article ! Cellou Dalein Diallo de l’UFDG « Je n’aurai pas d’objection à ce que le cardinal Robert Sarah soit le président de la CENI...»: ...
Dans l’interview qu’il a accordée à l’équipe de Guinéenews© TV le samedi 28 avril à son domicile de Dixinn, le président de l’UFDG est revenu sur les détails de sa rencontre avec le chef de
l’État guinéen, rencontre essentiellement consacré aux prochaines législatives ainsi que d’autres sujets d'actualité.
Guinéenews©TV : Le mercredi dernier vous avez été reçu nuitamment par le président de la République Alpha Condé à Sèkhoutouréyah. De quoi avez-vous parlé ?
Cellou Dalein Diallo : On a parlé essentiellement des élections législatives. Le président voulait plutôt me rassurer quant à sa volonté d’organiser disait-il, des élections libres et
transparentes, qu’il ne pouvait pas se permettre pour son image, d’organiser comme je le prétends, une mascarade d’élection et qu’il tenait à ce que ces élections soient libres et transparentes.
Je lui ai dit par la suite que jusqu’à présent, je n’ai vu aucun acte, aucune décision qui met en évidence cette volonté justement d’organiser des élections transparentes. Parce que, la
transparence des élections comme je le lui ai rappelé, ce n’est pas le jour du scrutin seulement. C’est dans la préparation des élections. Or tous les actes pris, toutes les décisions prises
jusqu’à maintenant, l’ont été dans la plus grande opacité.
J’ai cité comme exemple, le fait que la SAGEM ait été écartée du processus. Je rappelle que cette société avait été choisie à l’issu d’un appel d’offre international sur la base d’un cahier de
charge rigoureux. Il y a eu beaucoup de soumissions, la SAGEM a été considérée comme étant le meilleur cabinet à même de faire le recensement des électeurs en Guinée. La SAGEM a été écartée, on a
choisi une autre société. SABARI-WAY MARK, un groupement de société sans qu’il n’y ait aucun un appel d’offres. Ça s’est passé dans la plus grande opacité sans jamais qu’on nous indique que ces
sociétés avaient les compétences et les capacités nécessaires pour conduire à son terme l’opération de révision des listes électorales.
J’ai dit aussi que le choix du matériel a été fait dans les mêmes conditions et la même opacité. Le gouvernement et la CENI (NDLR, commission nationale électorale indépendante) ont décidé de
choisir le matériel importé d’Afrique du Sud alors qu’il y’avait un matériel ici jugé performant. Puisqu’un rapport d’audit vient d’indiquer que le matériel utilisé par la SAGEM est quatre fois
plus performant que celui importé d’Afrique du Sud. Ce dernier d’ailleurs ne comporte pas tout le dispositif de sécurité permettant par exemple d’éliminer les doublons.
Donc j’ai dit à monsieur le président de la République que jusqu’à présent, les Guinéens ne savent pas s’ils vont à une révision ou à un recensement. Tout ce manque d’opacité et de clarté n’était
pas de nature à rassurer les gens sur la volonté du gouvernement et de la CENI d’organiser des élections libres et transparentes. J’ai aussi rappelé à monsieur le président qu’à l’issue du
dialogue (NDLR, dialogue inclusif) un rapport a été déposé sur sa table. Comme il considère que lui, il est au dessus de la mêlée ; il n’est ni du pouvoir ni de l’opposition. S’il veut, il est le
père de la nation. On attendait de sa part une initiative visant à aplanir les divergences et à trouver un consensus sur les questions essentielles comme la CENI et le fichier. Malheureusement,
la seule initiative qu’il a prise, c’est celle de demander à Louncény Camara de foncer et d’organiser des élections.
L’autre élément, c’est que le calendrier, le chronogramme qui a été décliné par monsieur Louncény Camara, qui semblait avoir son aval, n’était pas réaliste. Il était impossible pour tous les
spécialistes d’organiser des élections à la date du 8 juillet. En tout cas si on voulait que ce soit des élections transparentes et démocratiques. Tous ces faits indiquaient clairement que le
gouvernement et la CENI ne voulaient pas aller vers des élections transparentes.
Guinéenews©TV : Quelle a été sa réaction après toutes ces propositions et remarques que vous lui avez faites ?
Cellou Dalein Diallo : A l’issu d’un dialogue qui a été long, puisque nous sommes restés ensemble pendant plus de deux heures et demi. Il a dit qu’il va examiner tout cela et surtout
qu’il va essayer de traiter les revendications de l’opposition. Qu’il va rassurer tout le monde et prendre des décisions qui vont justement dans le sens de la restauration de la confiance des
acteurs politiques dans le processus électoral. Je lui ai dit aussi que la question du président de la CENI faisait partie aussi de nos préoccupations et de nos revendications.
Il a promis de traiter toutes ces questions-là. Dans les jours qui viennent, il m’a dit qu’il faut que je me retrouve avec messieurs Kiridi Bangoura (NDLR, chef de cabinet civil du président de
la République et porte-parole de la présidence) et François Fall (NDLR, secrétaire général du gouvernement) pour essayer de préciser de nouveau toutes ces préoccupations.
Guinéenews©TV : Nous allons tout à l’heure revenir à la question de la CENI. Ce n’est pas la première fois que vous partiez à Sèkhoutouréya. Déjà le 15 novembre dernier, vous étiez à
Séhoutouréyah. Le fait que le mercredi dernier vous y étiez à nouveau, cela a amené certains personnes à dire que c’était juste pour amuser la galerie que les deux hommes se sont rencontrés.
Cellou Dalein Diallo : A un moment donné, nous avons déploré le manque de dialogue. Parce que pour nous, après le dialogue qui a eu lieu au palais du peuple, étant donné qu’il n’y a pas
eu d’accord, étant donné que le président de la commission, Monseigneur Gomez, a dit que son rôle consistait à constater les divergences, nous nous attendions à un second « round » pour qu’on
essaie d’aplanir les divergences afin que le pays aille à ces élections vraiment dans l’entente et la cohésion. Puisque nous souhaitons tous, je l’espère que ces élections soient apaisées.
Malheureusement, il n’y a pas eu de second « round ». Il n’y a eu aucun effort, aucune initiative n’a été prise pour aplanir ces divergences et obtenir le consensus.
Donc lorsque le président a souhaité me rencontrer il y a deux semaines de cela, j’ai fini par accepter. Mais en délivrant vraiment le message de l’opposition. En expliquant pourquoi nous avions
des doutes et ce que nous voulions. Et je pense que je devais le faire parce que nous voulons faire pression sur le gouvernement en utilisant les marches et les meetings. Mais lorsqu’il y a une
ouverture de dialogue, eh bien, on répond ! On dit voilà nos préoccupations. C’est comme ça qu’on avait fait au palais du peuple. A un moment donné, on avait bien sûr boudé, parce que le cadre
tel qu’il était défini, je parle du cas du dialogue, ne nous convenait pas. Mais on a décidé de revenir pour décliner justement nos priorités et nos argumentaires afin que l’opinion sache sur
quoi étaient fondées ces revendications.
Lorsque le président m’a appelé, j’ai finalement, après avoir consulté mes partenaires de l’ADP et du collectif, je suis allé répondre à l’invitation et exposer bien sûr nos préoccupations et
justement nos revendications.
Serge LAMAH
Lire l’interview au complet sur
Bambéto pour l'Autoroute Nouhou Baldé
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