Partager l'article ! Compte-rendu de la rencontre Alpha Condé - NDI aux USA: Lundi après-midi, les défenseurs de la démocratie et les droits humains, & ...
Lundi après-midi, les défenseurs de la démocratie et les droits humains, les cadres supérieurs de l'Institut National Démocratique (NDI), du Centre International d'Etudes Stratégiques (CSIS), le Centre National de Dotation pour la démocratie(NED), des dignitaires dont les ambassadeurs américain en Guinée et celui de la Guinée aux États-Unis, les professionnels du développement international y compris le directeur de l'USAID / Guinée et plusieurs membres les membres engagés de la communauté guinéenne se sont réunis au NDI pour rencontrer le nouveau président guinéen, le professeur Alpha Condé.
C'est dans un contexte d'inquiétude et de compréhension critique que les participants soumirent des questions sur la situation actuelle de la Guinée et l'avenir de sa démocratie naissante.
Alpha Condé fit son entrée dans la salle, encadré par le personnel des services secrets, et s'est immédiatement adressé à l'auditoire.
En Introduction, Monsieur Kenneth Wollock, le président du NDI, a exprimé les félicitations de part son organisation et son soutien au président Condé, son engagement à promouvoir le développement d'une démocratie forte et dynamique en Guinée.
Dans son allocution, le président Condé a commencé par revenir sur les particularités de l'élection présidentielle de 2010 dans les moindres détails. Troubles à la CENI, la délivrance de cartes d'électeurs multiples par personne, délivrance des cartes d'électeurs à des mineurs ont tous été parmi les points abordés - ainsi que les détails des querelles entre les partis politiques et factions au sein de la CENI.
Il a ensuite affirmé que le premier tour des élections en 2010 a été sujet à de graves irrégularités et fait valoir que le second tour s'était mieux déroulé, sans être parfait. Selon lui, son administration ferait tout en son pouvoir pour éviter de tels problèmes aux prochaines législatives.
Il a également saisi cette occasion pour contrer les arguments développés dans la presse( guinéenne et internationale) que son gouvernement est composé uniquement de membres d'un groupe ethnique (mandingue, ndlr), notant par exemple que, alors qu'il plusieurs "Fofana" nommés par ses soins, certains peuvent provenir de la Basse Guinée et de la Forêt, en plus de la Haute Guinée, d' où il est originaire.
Son argument était l'absence de noms spécifiques dans le plus grand groupe ethnique, les Peuls, le groupe le plus divers de la Guinée.
Etant donné que les élections l'année dernière ont été entachées par de violents affrontements interethniques, régionalistes et politiques, que ces tensions ne cessent de s'aggraver et deviennent la vraie peste du pays, il est à craindre que ces remarques ne servent pas la cause de la réconciliation nationale.
Son discours a brillé par l'absence de toute vision ou un programme pour le développement du pays, maintenant qu'il est président.
Après son allocution d'ouverture, le président s'est soumis aux questions, en précisant avec humour qu'il n'y aurait "pas de questions tabou" pour lui. Les membres de l'audience l'ont pris au mot, en posant une série de questions pertinentes.
Les premiers intervenants, Binta Terrier et Ourouro Bah, ont signalé deux préoccupations constantes dans le discours public en Guinée:
- La nomination de ministres militaires (Pivi Coplan et Thiegboro entre autres) qui ont servi sous les administrations précédentes et sont accusés d'être impliqués dans des actes graves de corruption et de violations des droits de l'homme,
-La suggestion que les attaques contre la résidence du président Condé devrait éventuellement être étudiée par une commission indépendante soutenue par le Groupe International de Contact pour la Guinée, étant donné que l'histoire passée du pays était pleine de faux complots fabriqués de toutes pièces par les gouvernements successifs pour justifier la répression de l'opposition.
Le président Condé s'est défendu en affirmant qu'il n'a jamais nommé Pivi et Thiegboro à un poste dans son gouvernement, mais qu'en tant que civil, il avait agit pour apaiser le président sortant, le général Sékouba Konaté et que le seul ministre qui il a conservé d'une administration précédente a été son ministre des Finances actuel, Kerfalla Yansané qui a assistait à la rencontre.
Le président Condé a également déclaré avec conviction et répété plus tard, qu'il est un «chef de l'Etat, et non pas la tête d'une organisation des droits humains."
Dans sa déclaration finale, Jennifer Cooke du SCRS a exprimé au président son espoir que "en tant que chef d'Etat, vous arriverez à vous voir comme chef de l'organisation ultime des droits de l'homme. "Ces remarques ont été accueillies avec des applaudissements nourris et prolongés par les plus enthousiastes des participants à la rencontre.
En réponse à la question sur une éventuelle enquête internationale indépendante sur les attaques contre sa résidence, le président Condé a répondu avec indignation que tout guinéen qui suggère une telle chose n'est pas patriote et n'a aucun respect pour la souveraineté du pays.
Toujours dans son allocution de clôture, Mme Cooke, chef du SCRS pour l'Afrique, a suggéré que compte tenu des tensions et la méfiance actuellement considérable dans le pays, le président pourrait envisager l'utilisation de certains outils à sa disposition comme une enquête indépendante afin de signifier qu'il comprend les préoccupations de ses concitoyens et travaille sérieusement à faire naitre et accroître la confiance réciproque.
Parmi les autres questions posées, deux étaient axées sur les plans du président pour assurer que les élections législatives soient libres et équitables en facilitant une campagne ouverte pour tous les candidats à travers le pays (question posée par Touré Mohamed ) et celle de Nimatoulaye Conté, au sujet de la nécessaire inclusion des femmes et des jeunes dans la vie politique du pays.
"Nous allons mettre tous les moyens disponibles pour organiser les élections législatives avant la fin de l'année, nous allons éviter une répétition des élections de l'année dernière par l'émission de cartes d'électeurs infalsifiables et la tenue d'un nouveau recensement afin d'empêcher que les enfants de 14 ans aient le droit de voter, que les personnes ayant de multiples cartes d'électeurs ne puissent les utiliser plusieurs fois. "
Condé s'est dit déterminé à lutter pour la question de l'égalité des sexes dans son gouvernement, mentionnant à plusieurs reprises qu'il a remporté les élections avec le soutien d'une coalition, et qu'il doit satisfaire les exigences de son alliance. Il n'a à aucun moment abordé les stratégies envisagées pour améliorer le dialogue avec l'opposition ou veiller à une campagne ouverte en toute sécurité.
En somme, du point de vue de l'Alliance de la Guinée, le président Condé a raté l'occasion lors de cet événement pour présenter à un auditoire qualité sa vision pour une Guinée nouvelle.
Il n'a rien dit sur la façon dont il envisage de réconcilier le paysaprès la terrible division des élections présidentielles et des antécédents de crimes d'Etat contre ses citoyens, rien au sujet de son plan global pour le développement durable de la Guinée. Il n'a donné aucune garantie sur la non reproduction des récentes restrictions à la liberté d'expression, n'a pas répondu aux préoccupations de sécurité pour les membres des partis de l'opposition et de la société civile qui pourraient être en désaccord avec lui.
Beaucoup de questions se posent sur l'action de cet "opposant historique", sur sa capacité à se rappeler de tout ce qu'il a combattu pendant ces dernières décennies; surtout comment il va désormais travailler pour se montrer comme un vrai dirigeant de tous les Guinéens.
Par l'Alliance Guinéenne, publié dans Blog, Signalé par Hassatou BALDE
Traduction de l'anglais au français: Thierno A DIALLO
Bambéto pour l'Autoroute Nouhou Baldé
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