Partager l'article ! Des révélations accablantes autour de la rencontre entre Alpha Condé et les prétendus jeunes de Bambéto: Le président de la Rép ...
Le président de la République, le Pr Alpha Condé, a récemment rencontré au Palais Sékoutoureya des prétendus jeunes venus de Bambéto et de l’axe Hamdallaye- Kagbélen pour, dit-on, exprimer leur soutien total au chef de l’État afin de faire régner la paix dans ces zones dites chaudes de la banlieue de Conakry. Mais après des enquêtes de terrain réalisées, votre quotidien Guinéenews© a appris des détails croustillants qui méritent d’être mis sur la place publique.
Des ministres accusés d’avoir cooptés des jeunes
Contrairement aux informations relayées ça et là, les jeunes qui se sont rendus le 11 février à Sékoutoureya ne viennent pas tous de l’axe Hamdallaye- Kagbélen. Au contraire, ils ont été cooptés dans tout Conakry ou presque par des ministres. Des témoins citent nommément Bah Ousmane et Bantama Sow, le colonel Thiègboro et un officier de la présidence. « Nous avons été invités à travers l’aide de camp du président, le commandant Mory et le colonel Tiègboro. Ça été une surprise puisque n’étant pas suffisamment préparés d’avance. On ne savait pas de quoi il s’agissait », a expliqué un témoin.
« On croyait que cet appel rentrait dans le cadre de la marche récemment initiée par nos amis du CJDN. Malheureusement à notre arrivée au Palais, hormis notre groupe et celui du CJDN, nous avons trouvé d’autres jeunes. On a cherché à comprendre, ils venaient des cinq communes. A notre fort étonnement, nous avons vu trois ministres et une capitaine faire rentrer chacun un groupe pour les installer dans un coin », a-t-il ajouté.
Selon un confrère qui a couvert cette rencontre, l’ambiance au Palais avant l’arrivée du président Alpha Condé, ce samedi-là, n’était pas agréable parce que, dit-il, chaque groupe voulait occuper le devant de la scène. « Vu la pagaille qui y régnait, le président a même dit que son palais n’était pas un marché et par conséquent, si un jeune se comporte mal, il va le faire vider et de force », a précisé un de nos confrères qui était de la partie.
A son arrivée dans la salle, le président Alpha Condé a tout d’abord remercié l’assistance, tout en précisant que la rencontre ne concerne que la jeunesse de Bambéto. « Dès qu’il a dit ça, on entendit des murmures. Mais on laissa le président finir. Entre- temps, il a demandé des porte-parole, il a bel et bien dit des porte-parole, comme s’il savait la physionomie de la salle », a affirmé un autre témoin présent au Palais.
Choix d’un porte-parole
« Au même moment, ça se bouscule dans la salle. Chaque groupe coopté veut parler. Il y eut un problème de porte-parole. Cela prouve que les jeunes sont invités sans connaitre l’ordre du jour. Faute de consensus, le président Alpha Condé a interrompu les débats, en plaidant pour le choix d’une fille qui parlera au nom de Bambéto. Lui-même s’est levé pour se promener dans la salle. Son choix est tombé sur une fille de teint clair qui ne pouvait même pas s’exprimer en français. Dans son discours, elle a dit ce qu’elle pensait mais pas les priorités des jeunes de Bambéto », a expliqué un autre témoin.
Selon un confrère, le choix présidentiel est tombé sur une certaine Moussa Pathé Ba, qui au cours de son discours a clamé que son quartier réputé chaud dans un passé a rompu avec la violence. Elle a aussi demandé pardon aux populations victimes des violences, a-t-elle dit.
« Peu après, Moujtaba est passé de force pour parler de l’injustice dont sont victimes ses amis. Il a cité le cas de la commémoration de l’anniversaire des tueries du 22 janvier 2007, qui a été empêchée par les forces de l’ordre. Ensuite, il a demandé la destination des 10 milliards que le président de la République a récemment alloués à la jeunesse », a rajouté un témoin.
Après cette intervention, des sources fiables rapportent qu’un certain Alsény Diallo, insatisfait, est passé lui aussi pour parler. Dans son intervention, il a soutenu que l’axe Bambéto- Kagbélen est celui du changement, non celui du mal. Ensuite, il a parlé de la marginalisation et de l’injustice dont les jeunes de Bambéto sont victimes. Malheureusement pour lui, puisque ces propos ont été censurés et traités autrement par les médias publics. Il l’a même confirmé lors d’un entretien téléphonique avec notre reporter.
« Quand Alsény Diallo a fini, j’ai voulu parler, en vain. Certains ont dit que je suis de Dixinn. Je suis de Kénien, il est vrai, mais mes parents sont à Bambéto. Ce sont les dirigeants qui ne voulaient pas mon intervention parce qu’ils savent que je dirai la vérité. Pour m’écarter, ils disent que je suis politicien. Je suis jeune leader politique, c’est vrai, mais je suis mieux placé pour parler des maux dont souffre la jeunesse », a confié un acteur.
Réponse du président de la République
Au terme de tous les discours, le président de la République a répondu mais au fort étonnement général, il a ignoré les 10 milliards de francs qu’il a alloués à la jeunesse et qu’il a fait augmenter à 30 milliards. « On comprend que l’objectif de la rencontre n’était pas de régler les problèmes des jeunes mais contrecarrer l’opposition, qui menace d’organiser une journée ville morte à Conakry », a confié un autre leader de jeunes.
Par ailleurs, le président de la République a demandé à chaque groupe de jeunes qui souhaite le rencontrer de passer par son interlocuteur. « Ceux qui sont venus à travers Elhadj Bah Ousmane ou le colonel Tiègboro ou Bantama Sow n’ont qu’à passer par ceux-là », aurait-il dit. « Quand le président a dit cela, ça crié dans la salle. De là, les jeunes ont prouvé encore une fois combien ils sont divisés », a ajouté un témoin.
« Ça été une erreur d’inviter les jeunes de Bambéto en laissant les autres parce que les violences concernent tout un axe. En plein discours, quelqu’un est venu siffler aux oreilles du président, qui a rectifié le tir », a dit un témoin.
Réactions des leaders de jeunes
« On a eu tort de venir à Sékoutoureya, parce qu’on pouvait nous appeler au Palais du Peuple dans un communiqué officiel sans aucun intermédiaire. Je pense qu’on ne peut pas empêcher les jeunes de manifester en les morcelant. L’appel du professeur n’est pas mauvais en soi mais il a été trahi par les intermédiaires qui lui ont dit qu’ils sont capables d’envoyer tout Bambéto, c’est faux. Cette jeunesse manipulée à qui on donne de l’argent ne peut pas le faire », a expliqué Dr Alseny Diallo, leader d’opinion présent au Palais.
« Cette jeunesse manipulée qui vient dire au président dire qu’elle peut empêcher des manifestations à Bambéto a menti. Elle ne le peut pas. Dadis Camara a donné des milliards de francs aux jeunes de Bambéto, mais le 28 septembre, ils étaient dans la rue. Tant que la jeunesse n’est pas fédérée, la banlieue restera toujours un fief de résistance », a ajouté un autre.
Abdoulaye Bah
Guineenews : http://m1p.fr/daT
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