Partager l'article ! Entré au CHR pour une crise d'asthme, il en ressort une jambe en moins: L'histoire, examinée hier au tribunal administratif de L ...
L'histoire, examinée hier au tribunal administratif de Lille, semble invraisemblable. Elle est pourtant bien réelle et elle a même évité une mort certaine à un Maubeugeois aujourd'hui âgé de 39 ans. ...
Le 31 janvier 2004, Mohamed O. est admis aux urgences du centre hospitalier de Maubeuge pour une crise d'asthme aiguë. Son état est grave. Le lendemain, il est transféré au CHR de Lille où il est hospitalisé en réanimation. Le 6 février, de graves complications inattendues apparaissent. Sa jambe droite n'est plus irriguée. Une première intervention est nécessaire. Elle n'est pas suffisante. Une thrombose se déclare. Les chirurgiens doivent lui amputer la jambe.
Allergique à la pénicilline
Y a-t-il eu erreur du CHR ? C'est ce qu'estime Mohamed O., qui décide d'instruire un recours près de la juridiction administrative. Il saisit également la commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CRCI) créée en 2002 suite aux lois Kouchner. Le Maubeugeois réclame un total de 362 500 euros en réparation de son préjudice. Plusieurs expertises vont être diligentées.
Elles ne vont pas s'avérer favorables au patient amputé. « Aucune faute médicale de soins ou organisationnelle n'a été commise, l'amputation ne pouvait être évitée dans ce contexte de complication réanimatoire », conclut un premier expert. « Il s'agit d'un aléa thérapeutique, complication d'un acte de soin pour un asthme aigu », estime un deuxième. Les conclusions du troisième sont encore plus catégoriques : « La prise en charge en réanimation a permis de sauver la vie de Monsieur O. »
Hier, le rapporteur public apporte des informations complémentaires. En fait, Mohamed O. est allergique à la pénicilline. Et les médecins du CHR ne le savaient pas. « Ils n'ont été alertés que le 4 février, c'était trop tard. » Estimant, du coup que le CHR ne peut être tenu responsable d'aucune faute, il requiert le rejet de la requête de Mohamed O. Le jugement a été mis en délibéré. •
FRÉDÉRICK LECLUYSE
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