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Oui, voici enfin venues, pour la première fois de son histoire républicaine, des campagnes électorales qui seront, souhaitons-le, des campagnes électorales dignes de ce nom. De vraies campagnes où un pouvoir politique en place ne sera pas directement impliqué pour adouber des candidats ou en intimider, voire contrer d'autres. Mais il se trouvera toujours des cassandres pour prophétiser l'apocalypse, après ce qu'ils appellent des jeux déjà joués. Non les jeux ne sont pas encore joués et c'est pour cela qu'il faut que les campagnes aient lieu dans la civilité et c'est ce que les candidats doivent faire comprendre à leurs militants.

 

LE CONTEXTE D'ENSEMBLE

 

Des professionnels de la manipulation et de l'intoxication sont à l'œuvre pour que des changements ne se produisent pas en Guinée. Ils recourent pour cela à des dénigrements systématiques de candidats à qui on ne peut rien reprocher de valable comme c'est le cas d'Alpha Condé du RPG.

 C'est dans ce contexte de confusion qu'il y a toutes sortes de candidats: des grands mais surtout des folkloriques qui ont cru saisir cette occasion pour faire parler d'eux plutôt que des problèmes nationaux. Des leaders politiques se sont battus sous le régime militaire de Conté subissant des brimades et la prison (feu Bah Mamadou, Alpha Condé) pour l'avènement du multipartisme en République de Guinée en 1992. Où étaient ceux qui se bousculent aujourd'hui pour être Président? On pouvait alors compter sur les doigts d'une main ceux qui se sont dressés contre le caporalisme triomphant du PUP de Conté: feu Bah Mamadou, Alpha Condé, feu Siradiou Diallo, Jean-Marie Doré, Sydia Touré.

 

A part Jean-Marie qui fait la Transition comme Premier Ministre, les leaders du RPG, Alpha Condé, de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo (successeur de Bah Mamadou), de l'UFR, Sydia Touré, paraissent à tous les observateurs comme des candidats fiables et d'expériences solides .Il y a certes des nouveaux venus professionnellement solides mais pas assez mûrs pour la Présidence d'un pays aussi compliqué que la Guinée. Je pense à Lansana Kouyaté qui, lorsqu'il a présenté le bilan de son passage à la Primature à la convention de son parti le PEDN, a oublié l'essentiel: l'espoir que les Guinéens avaient placé en lui en 2007 et qu'il a incroyablement déçus. François Lounséni Fall  (FUDEC) qui ne devait son accès à la Primature qu'à la seule volonté de Lansana Conté, contrairement à Kouyaté, a préféré démissionner que d'être jeté dehors par le fantasque Conté. C'est aussi cela la posture d'un homme politique non aveuglé par le pouvoir. Abé Sylla apparaît comme un homme professionnellement compétent mais à sa place, j'aurais d'abord fait mes armes dans un parti politique existant que d'en créer un nouveau. Kassory Fofana est reconnu comme un bon économiste mais on le dit traînant des casseroles. Mais on n'en connaît pas beaucoup en Guinée qui n'en traînent pas, en tout cas à son niveau. Même quand quelqu'un ne traîne pas de casseroles, d'autres lui en inventeront.

 

J'ai appris que Frédéric Kolié était le candidat de la Forêt et je n'ai pas compris cette candidature après son activisme auprès du météorique Moussa Dadis Camara mais Kolié n'est pas le seul dont on ne comprendra pas la candidature. Cela doit découler de la profonde déconsidération de l'État Guinéen par certains. Il faut revenir sur des critiques, pas toujours fondées, entendues des mêmes bonimenteurs à propos de ces élections. C'est d'abord les références à l'âge des candidats. Sur ce point, on ne le dira jamais assez, il faut à la Guinée des hommes d’âge, disons avancé, et d'expérience. Or de ceux déjà connus comme candidats, je ne vois pas de vieux croulants. Le grand écrivain français André Malraux disait qu' “il faut soixante ans pour faire un homme”. Et de fait, dans les grands pays développés, avec l'augmentation de l'espérance de vie (durée moyenne de vie), vérifiée en Afrique aussi, les gens travaillent de plus en plus tard. Le fétichisme du “jeunisme” qui s'empare de beaucoup n'est pas toujours opérationnel en politique. Voyez les expériences de Madagascar, du Bénin, de la République Démocratique du Congo, du Togo etc. avec de jeunes présidents. Ce n'est pas la joie. Mais je ne dis pas non plus que des grands-pères octogénaires feraient l'affaire à tous les coups. Dans des grands pays qui ont élu récemment de jeunes Présidents: (France, États-Unis d'Amérique, Russie), existent des structures sociopolitiques et économiques qui tempèrent la fugue de ces jeunes Présidents.

 

Ces structures ne sont que virtuelles en Guinée et dans d'autres pays africains, aussi les “bavures” de toutes sortes ne peuvent qu'être généralement dramatiques quand il s'en produit. L'exemple du 28 septembre 2009 à Conakry, le confirme. Par ailleurs, les supputations sur l'état de santé des candidats devrait prendre fin dans la mesure où a été institué par décret présidentiel un Collège médical qui examine en ce moment les postulants à la magistrature suprême du pays. Un autre problème sur lequel fulmine la rage vengeresse de certains est constitué par des accusations de corruption et de pillage économique de l'État par ses serviteurs sous Lansana Conté. C'est un vaste problème qui aurait dû être rationnellement traité pendant la période transitoire depuis janvier 2009.Bien qu'on ait parlé d'audits qui auraient pu permettre ,entre autres, de faire le point sur des enrichissements sans cause et des remboursements éventuels à l'État , les opérations n'ont pas été loin.

 

Faut-il, alors, faire de cette question un thème central de campagne? Ma réponse va surprendre plus d'un : JE DIS NON et je m'explique. Le système de corruption et de pillage des biens publics de notre pays a commencé dès la Première République malgré son apparente rigueur, avec l'approbation tacite sinon l'encouragement inconscient de toute la société. Les fortes pressions familiales, sociales, villageoises ont poussé bien des commis de l'État, dotés d'une autorité, ou de la gestion d'une caisse à puiser dans les deniers publics dès qu'ils en avaient l'occasion. Mais des diverses pressions évoquées jusqu'à aller se constituer des comptes bancaires extérieurs sur le dos des contribuables guinéens, des individus ont franchi le pas qui doit les conduire devant une juridiction, après ces élections. En écrivant cela, j'ai donc conscience de ne pas me faire l'avocat du diable. C'est la source d'un mal que je veux expliquer. Et si j'implique toute la société, c'est que chacun peut se rappeler l'expression de “fils maudit”, jetée à la figure du fonctionnaire honnête qui n'entrait pas dans des magouilles. J'ai dit que ce mal qui gangrène la Guinée remonte loin et je n'en veux pour preuve qu'en retenant, à l'attention des plus jeunes, sur ce qu'avait dit plus d'une fois , feu Sékou Touré :”Dans les entrepôts et dans les banques, dans les magasins généraux comme dans les coopératives et les entreprises d'État, partout les finances sont menacées devant la ruée et la rapacité des comptables” (cf., Horoya n° de janvier 1970 et n° 2248, 14-20 décembre 1976, pp. 34-48).

 

Ce rappel a pour objet de signaler l'ancienneté du vol des biens publics en République de Guinée. Souligner donc la profondeur de la kleptomanie devenue culturelle, n'est pas une tentative d'absoudre ceux qui s'en sont rendus coupables. Ceux-ci, doivent être contraints par voie judiciaire, après l'installation des nouvelles institutions, à rembourser à l'Etat guinéen ce qu'ils lui avaient pris, si haut placés soient-ils. Bien que bizarre comme méthode, la bizarrerie de l'Etat pousse à passer par cette voie inhabituelle pour retrouver ce dialogue national et cette réconciliation tant souhaités. Ce ne sont pas par les positions d’ostracisme à l'égard des délinquants économiques qu'on irait à la paix sociale. C'est cette paix sociale qui conduira à la Guinée nouvelle. C'est un vaste chantier qui attend les nouvelles autorités sorties des urnes.

 

Il faut donc espérer que de par ces élections, les Guinéens recrus de malheurs et d'histoires tristes aperçoivent enfin un nouvel horizon d'espérance meilleure que par le passé. Faut-il, pour autant, dès maintenant, dans des exaltations de campagnes, affubler de qualificatifs dithyrambiques, l'ère nouvelle qu'on espère voir naître? Les candidats sérieux ne doivent-ils pas mettre l'accent sur les énormes difficultés de relèvement du pays et la préparation  des esprits aux possibilités réalisables dans l'immédiat après élections que de présenter des programmes catalogues où tout est promis? J'insiste là-dessus car l'habitude de l'enflure verbale qu'affectionnent bien de nos compatriotes, conduit très souvent à la démobilisation des énergies quand les gens constatent qu'ils sont toujours loin de ce qu'ils entendent. Ainsi comment qualifier la légèreté de celui qui parle de voir déjà la Guinée en pays émergent? Parler aujourd'hui d'émergence, concept international, à propos d'un pays qui n'arrive pas encore à satisfaire les besoins élémentaires de ses habitants, (alimentation, éducation élémentaire, santé primaire, équipements de base, etc.) est proprement inconscient et indique l'attrait des mots plus que des réalités. Des pays africains, en avance sur la Guinée sur bien des plans sont encore loin des pays internationalement émergents. Bref, je crois que les Guinéens ont besoin de programmes simples et réalistes, conformes aux profondes aspirations collectives actuelles. Seuls ceux-ci seront susceptibles de conduire à un relèvement du pays à moyen (3 à 5 ans) et même à long terme (5 à 10 ans).

 

Même s'il pleuvait des milliards d'espèces sonnantes et trébuchantes fortes sur la Guinée, dans l'immédiat, il ne s'ensuivrait pas à coup sûr un redressement spectaculaire ipso facto. La capacité d'absorption du capital de l'ensemble des structures guinéennes pour le développement est encore très faible. Vous ne pouvez pas faire absorber à un corps plus de nourriture qu'il ne peut digérer. Cela s'est vérifié très largement dans nombre de pays de l'ancien Tiers-Monde. Des taux de croissance sporadiques (trimestriels ou semestriels) ne peuvent pas signifier valablement, hors du langage abscons de bien des gouvernements à travers le monde, une amorce de développement réel. C'est dire qu'il ne faudra pas entretenir des illusions.

 

Pour les campagnes officielles qui débutent ce 17 Mai 2010, l'intérêt général doit commander qu'elles se déroulent correctement, hors des intoxications de ceux qui veulent des troubles sociaux en s'appuyant sur toutes sortes de manipulations grossières, comme celles qu'ils désignent d'interventions de puissances tutélaires extérieures dans les élections guinéennes. C'est un aveu de gens demeurés mentalement colonisés, puisqu'ils estiment que les Guinéens (des Africains) ne font rien de bien ou de mal sans l'aval et la main de l'Occident. Ces passéistes, même apparemment jeunes, demeurent prisonniers des vieilles idéologies de la Guerre froide Est-ouest: 1947-1991.

 

QUI SONT DONC LES CANDIDATS FIABLES EN LICE?

 

On a assez parlé du foisonnement des partis politiques et par conséquent de la prolifération des candidatures pour ces élections pour qu'il soit, à nouveau, utile de revenir à ces aspects de la question. Mais disons que la floraison des partis et de leurs candidats procède d'un calcul simple et misérable pour certains: monnayer entre les tours d'élections les voix qu'ils obtiendraient pour pouvoir s'insérer dans les rouages de l'État. A cet égard la fixation du montant des cautions pour être candidat à hauteur de 400 millions de GNF était salutaire pour déblayer le champ des candidatures. De ceux qui passeront ce stade et celui du test de santé, je retiens sans originalité, puisqu'il s'agit de courants d’opinion, de ce que j'entends mais aussi de ce que je les crois capables de faire au service de la Guinée, les grands candidats suivants:

 

*Alpha CONDE (RPG) : Vieux (au sens noble) lutteur politique aguerri et plein d'expériences de longues années et de contacts humains internationaux, capable de faire face à des imprévus et traquenards liés à la fonction. De ce fait, il peut sûrement disposer du recul nécessaire à des prises de décisions. Il est l'un des rares à ne pas pouvoir être accusé de prévarications de biens publics pour n'avoir jamais voulu collaborer avec le système de Lansana Conté. Candidat de poids dont tout le passé milite en sa faveur. Homme d'État crédible.

 

*Cellou Dalein DIALLO (UFDG): héritier du Vieux (au sens noble) lutteur politique disparu, feu BA Mamadou dont il a transformé l'UNR en un grand parti qu'il dirige actuellement. Haut cadre, puis Ministre et Premier Ministre sous Lansana Conté. Cette longue expérience politique d'une dizaine d'années s'est couronnée de réalisations d'infrastructures notamment routières qui méritent d'être soulignées. Dans la force de l'âge et homme de dialogue, il s'agit aussi dans son cas de candidat de poids digne de considération et d'estime. Homme d'État crédible.

 

*Sydia TOURE (UFR): Après une carrière brillante d'économiste fiscaliste et comme bras droit de M. Alassane Dramane Ouattara, alors Premier Ministre de Côte d'Ivoire, c'est-à-dire dans une Administration des plus performantes de cette époque en Afrique de l'Ouest, Sydia est appelé par Lansana Conté à la première Primature de son gouvernement en 1996. Cette arrivée marqua l'atonie de la gouvernance guinéenne d'une lueur d'espérance populaire: le courant électrique domestique qui était devenue une denrée rare, refit son apparition dans les ménages. On parla de “Courant Sydia” .Sa Primature fut courte mais c'était une référence dans la terne gouvernance guinéenne et c'était une marque d'homme d'Etat. Il s'agit aussi d'un candidat de poids et d'un homme d'État crédible.

 

Le vainqueur de l'élection présidentielle sortira de ce trio digne de confiance. Il lui appartiendra de ne pas s'enfermer pour l'avenir immédiat dans le seul cadre de son parti pour gouverner. Cela correspond à l'attitude classique de certaines vieilles démocraties (avec gouvernement/opposition). En Guinée, nous sommes encore à l'étape du démarrage de la Démocratie, encore loin de l'étape de la maturité. Pour avoir des chances de réussite pour la Guinée, je pense que chacun des principaux acteurs a déjà pensé à la formule du gouvernement d'unité nationale, seule formule susceptible de conduire à l'apaisement social général source de progrès pour tous. Aussi l'appel à ce gouvernement doit être plus large que l'entourage des trois grands partis que je viens de citer. Des compétences variées existent ailleurs, et même dans des petits partis. On a d'ailleurs constaté que si l'actuelle Transition qui n'a pas manqué de critiques a tout de même relativement bien marché, c'est qu'elle a été assise sur ce souci d'unité nationale. On doit donc globalement rendre hommage aux quatre acteurs principaux: le Général Sékouba Konaté à la Présidence intérimaire, Jean-Marie Doré à la Primature, Rabiatou Sérah Diallo au CNT et Sékou Sylla à la CENI. Cet hommage doit être rendu non pas en termes emphatiques mais pour dire que nous venons de loin. Pourvu que la suite des choses se passe convenablement.

 

Enfin un dernier mot pour le nouveau Président au sortir du 2e tour. Il faudrait que son entourage désigne un agent modeste, assis dans l'ombre du nouvel élu célébrant sa victoire et qui sera chargé de lui répéter à l'oreille quelques mots cités dans l'histoire de l'Antiquité romaine. Lorsqu'un Général romain était de retour à Rome après une éclatante victoire sur des Gaulois, Germains et autres Wisigoths, un défilé de chars était organisé en son honneur avec  comme trophées traînés derrière, des dépouilles ou des chefs ennemis vaincus. C'est alors que le serviteur accroupi derrière le Général triomphant lui soufflait de temps en temps à l'oreille: “Général, souviens-toi que la gloire est éphémère, seuls demeurent les actes”.

 

 

Ansoumane Doré (Dijon, France)

Par le Pr Ansoumane DORE - Publié dans : Analyse
Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 21:23

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Commentaires

Juste admirable! Vous seriez un leader politique, ce serait avec plaisir et abnegation que je vous aurais suivi car vous etes objectif, clair et surtout sans hypocrisie. C'est peut etre ou certainement le fait d'avoir échappé a l'ecole du PDG. Que Dieu veuille vous garder parmi nous encore longtemps pour reference!

Commentaire n°1 posté par Ollaid le 20/05/2010 à 02h33

Monsieur Doré, faites attention à votre imgae qui a été jusque-là bonne au sein de la communauté guinéenne. Vous n'êtes pas sans savoir que Alpha Condé a soutenu Pivi après les massacres du 28.09.2009 sur des medias français. Vous n'êtes pas sans savoir que Alpha a refusé la nomination d'un guinéenne, M. Dramé de la société civile parce qu'il est du Fouta. Vous n'êtes pas sans savoir que ASlpha a dit publiquement (sur RFI) que l'on favorise le Fouta au détriment de la Haute Guinée. Si malgré tout, vous nous affirmez que l'on ne peut rien reprocher à cet homme politique, c'est très étonnant de vous!

Cordialement,

SADIO BARRY

Commentaire n°2 posté par SADIO BARRY le 20/05/2010 à 08h18

J'aurais pu attendre d'autres réactions à venir pour répondre globalement.Mais les textes affichés sur sites , ne l'étant pas longtemps , j'ai pensé répondre tout de suite. D'abord à Sadio Barry puis à Mohamed Sampil.


1. A Sadio Barry


Je suis à l'aise pour vous répondre et je vous dis franchement que je trouve votre méthode tortueuse. Vous recevez un article que vous ne publiez pas mais auquel vous réagissez sur d'autres sites et je ne comprends pas l'attention que vous dites porter à mon image.Quand vous dites à plusieurs reprises: “vous n'êtes pas sans savoir que ...” en référence à Alpha Condé, pourquoi ne m'avez-vous pas posé ce type de questions sur d'autres candidats sur lesquels, vous savez que je sais des choses? Pour mon image , n'auriez-vous me voir chanter que des chansons à votre convenance? Vous devez savoir que personne ne m'entraînera dans le genre de guerre aux Indiens qui délecte les marionnettistes. Je sais que l'habitude de certains de nos compatriotes est d'avoir la mémoire courte ou sélective. Je vais donc préciser ou repriser ma position dans nos discusssions et faire quelques observations suivantes:


*a) Je n'ai jamais été à la recherche d'une image.De cela découle le fait que je n'ai jamais été et ne suis toujours pas à la poursuite d'une reconnaissance ou d'un honneur auprès de qui que ce soit .


*b) Je suis intervenu dans nos débats en intellectuel guinéen libre de tout parti politique et de tout cénacle.


*c) C'est pour cette raison que je crois être parmi les Guinéens à n'avoir pas indistinctement jeter la pierre aux leaders politiques guinéens quand la dictature de Conté les avait marginalisés. La plus part de ceux qui écrivent les vouaient aux gémonies par des critiques sur leur supposée inefficacité sans tenir compte de l'environnement difficile qui était le leur.


*d) Mes écrits (cf des archives de sites) montrent que sur plusieurs questions,j'ai pris une position qui me semblait conforme à l'intérêt de la Guinée entière. Tel a été le cas de la formulation de “Partis ethniques” systématiquement appliquéé aux partis politiques pour lesquels je recoommandais plus d'analyse et de patience. Lorsque quelqu'un a parlé de “Fouta à la lumière d'une lampe éteinte”, j'ai dénoncé cette stigmatisation d'une de nos régions . Quand le CNDD et le gouvernement Komara ont été formés, j'ai relevé et attiré l'attention sur la flagrante faiblesse de la représentation du Fouta. De même, j'avais invité les cadres malinkés à se désolidariser clairement de la dictature de Sékou Touré à laquelle avaient contribué les Guinéens des quatre régions et qu'une campagne rampante d'extrémistes, a tenté de faire passer pour un régime malinké.Dans le même ordre d'idée, j'ai écrit que le régime militaro-affairiste de Conté, n'était pas un régime soussou de même que la dictature naissante du frénétique Dadis ne ralliait que quelques groupuscules forestiers qui s'agitent encore.Et j'ai été du nombre de ceux qui ont vigoureusement dénoncé à l'extérieur Dadis et ses frasques sanglantes qui n'annonçaient rien de constructif pour l'avenir guinéen.


*e) Bref, si j'écris sur nos sites guinéens, cela n'a de sens et de but pour moi que pour participer à la bataille des intellectuels pour leur pays. C'est ce type de batataille qui a été presque toujours gagné dans l'Histoire. Si je voulais me faire une image dans le domaine politique et social immédiat qui préoccupe tant de Guinéens, je serais retourné en Guinée où se joue la politique au quotidien, sans toujours des soucis tangibles d'avenir.Mais il y a déjà un temps que mes préoccupations ne se situent plus à cette échelle. C'est dans cette position que mon but n'est plus la recherche de place ou d'honneur qui animent tant d'autres.


*f) Je continuerais donc, si Allah me le permet, d'adresser à mes frères et soeurs webmasters qui veulent bien publier “ce que je crois” sur notre pays. Ceux qui ne le font pas, doivent être certains que j'imagine leurs raisons mais cela ne m'affectera nullement, mon but, Dieu merci, n'étant pas comme je viens de le dire, la recherche d'une place ou d'un honneur.


2.A Mohamed Sampil

S'il y a des compatriotes à qui je n'aurais absolument pas voulu faire de la peine, je crois Mohamed Sampil se trouverait du nombre. J'ai déjà eu l'occasion de manifester de l'intérêt à la maturité et à la qualité de ses analyses sur notre pays. J'ai bien précisé dans mon article qu'il n'y avait pas d'originalité personnelle à avoir pour parler des élections mais à être attentif aux courants dominants d'opinions populaires. Je suis donc surpris à mon tour , en rapport des qualités habituelles d'analyse de Mohamed Sampil de lire qu'il est surpris et peiné que je donne “la palme d'or “ à mes trois candidats.Quel honneur! C'est comme si j'avais fait élire les trois candidats. En ce qui concerne M. Abé Sylla, j'ai su qu'il ést quelqu'un de professionnellement compétent qui a réussi en Amérique. C'est sans conteste une référence. Mais la Guinée n'est ni les Etats-Unis ni la France ni un autre pays développé. Réussir dans ces pays peut être utile dans un pays sous-développé comme la Guinée qui est loin de la méthode de gestion moderne. Quand il s'agit de quequ'un formé et ayant réussi dans le système de gestion des affaires privées dont les méthodes et les objectifs sont loin de la gestion d'un Etat même dans de grands pays développés,on peut être amené à penser que le gouvernement d'une entreprise et celui d'un Etat n'étant pas forcément comparables , un chef d'entreprise dynamique peut devenir un piètre chef d'Etat .On connaît le cas de Madagascar où M. Marc Ravalomanana qui avait brillamment réussi comme chef d'entreprise a conduit la grande Ile à la catastrosphe actuelle. D'autres exemples de ce type existent dans le Tiers-Monde.Je ne suis pas parti de là pour conclure qu'il en aurait été de même pour M. Abé Sylla s'il était élu chef de l'Etat guinéen . La suggestion que je lui ai faite et que vous rappelez n'était pas désobligeante. Mais j'imaginais que quelqu'un de sa qualité qui se serait inséré au cours de ces dernières années dans un parti politique moribond comme il en existait, pour le moderniser, était plus réaliste que d'en créer. Venant des Etats-Unis avec des fonds, incontournablr sésame, dans une Guinée pauvre, cette opération était plus réalisable qu'au cours des années antérieures de militantisme frustrant et de croche-pieds de camarades qui ont laissé des mauvais souvenirs à Mohamed Sampil. Voilà ce que je voulais dire.Je n'ai jamais, nulle part,laissé entendre que la NGR était éthnique et régionaliste. Vous avez lu plus haut le rappel que j'étais l'un de ceux qui avaient réfuté la désignation d'ethnique, systématiquement collée à des partis par certains.

Enfin, je termine par la question sibylline que vous avez eu la pudeur de ne pas me poser directement et qui pouvait peut-être concerner mon propre engagement pour notre pays . Mon engagement non effectif dans la politique est lié à plusieurs évènements.Je suis né en 1936, un nombre de ceux de ma génération décennale 1930-1940 et même après, qui avaient fait des études à l'Extérieur, et notamment en Occiden

Commentaire n°3 posté par Ansoumane Doré le 21/05/2010 à 14h23

M. Doré, je suis étonné que vous posez le problème que je n'ai pas publié votre article. Vos articles ont toujours été appreciés chez nous avant. C'est vous-même qui avez librement renoncé de faire publier des articles sur notre site, "pour ne pas blesser vos amis" m'aviez-vous personnellement dit. Longtemps après, lors que vous avez eu des brouilles avec Guineeactu, vous avez recommencé à nous envoyer vos textes que nous avons publiés volontiers. Dès que vous avez recommencé à être publié sur GuineeActu, vous avez de nouveau cessé de nous envoyer. Alors, un article que je reçois de vous brusquement, je le prends tout naturellement pour une erreur. A moins que vous me l'aviez envoyé par defis parce que je critique Alpha Condé. Dans ce cas, je vais publier et en vous répondant sans retenu de mon côté. Merci!

Commentaire n°4 posté par SADIO BARRY le 22/05/2010 à 00h22

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