Partager l'article ! Santé:le Pr Foldès sur les résultats de la chirurgie réparatrice après excision clitoridienne: « Les résultats de la c ...
« Les résultats de la chirurgie reconstructrice après excision clitoridienne sont très satisfaisants. On peut retrouver une vie sexuelle normale, non traumatique, à n’importe quel âge », explique d’emblée Pierre Foldès.
La majorité des femmes candidates à cet acte sont d’origine africaine. « Elles ont en général déjà commencé leur vie sexuelle mais ont découvert au travers d’un changement d’implantation sociale, un certain nombre de manques. Leurs revendications sont multiples ; elles tiennent au bien-être, au soulagement des douleurs, au recouvrement de la sexualité et finalement de leur personnalité tout entière. Les femmes souffrent d’une relative méconnaissance, ce qui est la normalité. »
La première phase, préchirurgicale, est articulée autour de la prise de parole et de la prise de conscience : il faut la respecter. « L’attente est souvent très importante face à une pathologie qui atteint la personnalité de la femme, mais elle fait que nous sommes dans de bonnes dispositions comportementales », poursuit le spécialiste. En revanche, les hommes sont encore peu présents : « Je vois quelques couples, mais la participation des hommes n’est pas encore tout à fait évidente »,regrette Pierre Foldès.
Un talent et une rencontre
Quant à la technique elle-même, elle est née d’un talent et d’une rencontre : « Je suis urologue de formation et nous, urologues, pratiquons des chirurgies reconstructrices de la verge qui ont inspiré la technique utilisée pour celle du clitoris. C’est avant tout une chirurgie réparatrice et elle procède des mêmes moyens ; enlever le tissu cicatriciel et reconstruire l’organe avec ses nerfs et ses vaisseaux. La difficulté est liée aux faits, d’une part, que l’anatomie clitoridienne était méconnue et, d’autre part, que la mutilation est multiforme selon les cultures. Souvent les organes de voisinage sont abîmés avec atteinte dupérinée.
L’excision est mutilante, mais l’absence de soins immédiats et les infections secondaires causent de grands délabrements qui font que, souvent, la vulve autant que le clitoris doivent être reconstruits. »
Il fallait être aussi un peu French Doctor pour rencontrer cette demande, explique Pierre Foldès depuis longtemps engagé dans des missions humanitaires.
Un accompagnement de deux ans minimum
La phase postopératoire est une phase de réassurance et d’accompagnement et, plus à distance, il y a aussi la reconstruction et un réapprentissage de la sexualité pendant six mois, et cela dépend des femmes. Après l’intervention, l’accompagnement conjoint d’un sexologue et d’un psychologue est systématiquement proposé pour deux ans ; voire plus longtemps si besoin.
« La technique échoue rarement mais il peut y avoir reconstructionclitoridienne sans réappropriation de l’organe, c’est en quelque sorte est un demi-échec, reprend Pierre Foldès. Il faut réévaluer les progrès, accompagner les femmes, mettre en place des soins locaux, des explications et une sexologie simple ».
Les femmes en sont parfois transformées. Cela génère des militantes, très en colère contre leurs parents, qui ne feront jamais exciser leurs filles, et qui se sont fabriquées comme une conscience politique, refusent la victimisation des femmes et encouragent les autres. »
Dr ANNE TEYSSÉDOU-MAIRÉ
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